La problématique des Datacenters.
Samedi 28 avril 2007Fin 2003, lors de la création de Celeonet, il nous a fallut trouver un datacenter pour héberger nos 7 premiers serveurs.
Nous avions certaines exigences :
- un accès H24 7j/7 à  nos serveurs,
- être le client direct d’un datacenter et ne pas passer par un hébergeur,
- pouvoir croitre sans difficulté.
Le contexte de l’époque était particulier, jusqu’à  l’année 2000 les datacenters poussaient comme des champignons, le mirage d’internet était en route. En mars 2000 arriva ce qui devait arriver, la bulle internet explose et les startups mettent la clé sous la porte aussi rapidement qu’elles s’étaient créées.
Après avoir écarté les datacenters locaux (trop onéreux) nous avons fait le choix de nous installer à  Aubervilliers dans le datacenter de Telecity.
Mi-décembre 2003 nous quittons donc Strasbourg et installons nos machines dans une 1/2 baie d’un datacenter quasiment vide.
L’exploitation commerciale de Celeonet débute le 8 février 2003, l’aventure commence.
En avril nous optons pour une baie complète, dans le même temps nous installons nos 2 premiers routeurs (2 serveurs sous Zebra). Celeonet croit rapidement, une seconde baie est installée puis une troisième.
En août 2005 nous signons un contrat de location pour une suite d’une capacité de 12 baies, sans vous donner les termes exacts du contrat il contient des éléments importants :
- les baies disposeront de 2 alimentations électriques de 16A,
- chaque baie pourra utiliser 2Kw, pour une consommation supérieure le Kw sera facturé à  l’unité,
- le tarif par baie est dégressif dès la 3ème.
En parallèle le datacenter se remplit à  vu d’oeil et son occupation n’a plus rien de commun avec ce que nous avions connu à  notre arrivée.
Fin 2005, deux fonds de pension américains entrent dans le capital de Telecity qui par la même occasion fusionne avec son principal concurrent, Redbus, le premier groupe européen d’hébergement d’infrastructure vient de voir le jour.
Après quelques mois sans modification apparente les choses commencent à  bouger, le directeur de Telecity est remplacé, puis notre commercial est licencié, en novembre 2006 ce sont 3 techniciens qui démissionnent. Au 1er novembre 2006 il ne reste plus de l’équipe que nous avons connu en 2003 qu’une seule personne.
Une nouvelle politique tarifaire est mise en place, 65% d’augmentation sur l’existant en fin de contrat (août 2007) ouch !! Autre bonne surprise le tarif au Kw ne sera pas maintenu, les Kw de dépassements seront gérés différement :
une baie = 2Kw, vous dépassez votre capacité électrique de 2Kw vous payez une baie supplémentaire (333.33% d’augmentation) double-ouch !!.
Décision est prise courant 2006 de trouver une solution, en effet nous n’avons pas vocation à  travailler uniquement pour permettre à  un datacenter d’augmenter ses marges.
Première piste exploitée, monter notre propre salle blanche. Nous rencontrons divers opérateurs du secteur de l’internet afin de visiter leurs infras et de prendre des renseignements pour la concrétisation de notre projet.
Une fois les devis réalisés et tous les frais pris en compte, le coût total du projet approche le million d’€.
Obtenir un tel prêt de notre établissement financier avec seulement 3 ans d’existence semble difficilement réalisable. Autre point bloquant, une fois la salle en production nous disposerions d’un niveau de redondance inférieur à  celui actuel (pas d’installation de groupe électrogène possible intramuros, une seule fibre reliant la salle à  nos opérateurs de bande passante etc…)
A cette occasion nous rencontrons les commerciaux de Completel, peu connue du grand public cette société est un opérateur fibre optique destiné aux grands comptes et aux PME. Peu à  peu une nouvelle alternative voit le jour.
Completel dispose de son propre datacenter à  Aubervilliers, ce dernier dispose du même niveau de sécurité que ses concurrents (onduleurs redondants, groupe électrogène, double induction électrique, double induction fibre optique), n’impose pas de consommation en kw ridicule (7.4Kw par baie) mais ne commercialise que sa propre bande passante.
Qu’à  cela ne tienne, nous pouvons disposer d’une fibre optique entre Telecity et Completel afin de conserver nos opérateurs de bande passante et assurer un backup sur le datacenter de Completel via leur transit.
Après presque 1 an nous avons donc trouvé une solution qui nous permette de ne pas accroitre exponentiellement nos coûts de production et de maintenir la redondance électrique et en fibre optique de notre infrastrucuture.
Il nous reste maintenant à  préparer le déménagement de nos 150 serveurs au mois d’août.


